La grande salle de conférence de la maison des Aînés a refusé du monde ce samedi à l’occasion de 13ème conférence nationale et du 3ème congrès ordinaire de l’union pour la Démocratie et le Développement UDD. Les délégués se sont mobilisés de partout pour conférer et consolider la régularité et la légitimité aux instances du parti.
Un événement riche en discours, notamment ceux des partis invités, et pas des moindres. Tous ont mis l’accent sur la mission que constitue la politique. Il est vrai, estime Boubacar Touré, représentant du RPM, que des erreurs ont été commises. Mais ce qui est indéniable selon lui, les acteurs politiques doivent être fiers d’eux-mêmes et de ce qu’ils ont pu réaliser. Les discours tendant à discréditer la chose politique est un acte de petitesse. A sa suite, l’ancien ministre Amadou Koita, président du parti socialiste Yeleen Kura, a salué le patriotisme et le courage de Tieman Hubert Coulibaly. « C’est un homme qui est absent de corps mais présent de cœur et d’esprit. J’ai connu Tieman, c’est un homme digne, patriote, républicain et démocrate. Il n’y a pas un sacrifice qu’il peut refuser pour le Mali » a t-il soutenu dans son témoignage.

Les attaques ciblées contre les hommes politiques ont aussi eu riposte dans l’intervention du Président Koita, cela à la mesure de accusations : << si la destruction du pays consiste à doter le pays de centres de santé, de lycées, de l’AMO, de ponts, de stades, de routes, d’échangeurs et bien d’autres, nous acceptons d’avoir détruit le pays >> a renchéri l’un des combattants de la démocratie.
L’autre point récurrent qui est ressort des discours prononcés, c’est l’organisation d’élections en 2025 qui mette fin à la transition. Les uns et les autres ont salué les initiatives que le gouvernement a prises et espèrent que cela continue jusqu’au bout. Djiguiba Keita PPR estime qu’il faut une vraie paix et une vraie réconciliation. Cela passe par des préalables « Parler de paix dans ce pays aujourd’hui rime avec la libération de tous les détenus politiques et le retour de tous les exilés politiques »
C’est une position unanime de tous ceux qui ont pris la parole et au-delà. Le Mali est un pays empêtré dans une crise qu’aucun homme ou groupe d’hommes à eux seuls, ne peuvent gérer. Il faut une union sacrée dans l’intérêt suprême du pays. Mais Alassane Abba de la Codem, bien que favorable à cette dynamique, a averti qu’il n’y aurait pas de compromission. L’ardeur du président de l’UDD et le sérieux qui le caractérise, pour le représentant de la Codem, ouvre la voie à de lendemains prometteurs.
L’ancien élu communal, Abadalla Yattara, représentant le parti Yelema, au nom du Dr Youssouf Diawara, n’a pas manqué de rappeler qu’une nouvelle transition s’est ouverte et qu’il est impérieux que tout le monde se mobilise pour qu’elle n’aille pas au-delà de 2025. Mieux, il faut sonner la mobilisation et l’union sacrée pour que les militaires ne continuent pas de s’accaparer du pouvoir et fausser le jeu politiques lors des élections.
Lors des interventions, les mesures d’apaisement, dont l’une des concrétisations a été l’élargissement des 11 acteurs politiques, ont été salué. Mamadou Traoré dit le roi et Mamadou Traoré, président du parti Union, ont remercié le peuple malien et leurs camarades politiques dans les initiatives et les pressions qui ont abouti à leur mise en liberté. Ils ont cependant réitéré qu’ils restent engagés à mener leur combat politique. Nous sommes des acteurs politiques hier, nous le sommes aujourd’hui et nous le seront demain, nous n’avons pas honte de cet état de fait. Le combat que nous menons dans ce pays n’a d’autre objectif que de tirer le pays de l’impasse et cela est impossible sans la politique. Nous avons passé 5 mois et 15 jours à cause de nos opinions politiques et à cause du Mali. Cela n’entame en rien notre patriotisme. Il faut qu’on aille aux élections et que les victorieux soient connus »
La boucle a été bouclée par le vice-président de l’UDD Bréhima Sirima qui a remercié et réaffirmé les mêmes positions que ses prédécesseurs. Le retour de tous les exilés politiques dans des conditions dignes et de façon sécurisée. La libération de tous les détenus politiques, l’union sacrée avec des concessions à tous les niveaux et le retour à l’ordre constitutionnel dans un bref délai raisonnable. Pour M. Sirima, l’Union pour la Démocratie et le Développement reste fidèle à ses idéaux et œuvre à la stabilité du Mali prospère et démocratique.

