ici, dans ce monde, c’est un tribunal humain qui juge ; ce sont des individus dans un grin qui préjugent…

« Redoute l’imprécation de l’opprimé, car entre elle et Dieu ne s’interpose aucun voile. » Une vérité universelle et intemporelle tirée du Saint Coran.

Ces mots ne sont pas de simples paroles gravées dans la pierre des discours religieux ou philosophiques. Ils sont l’expression d’un principe moral profond, un avertissement adressé à toute conscience humaine : celui de ne jamais mépriser la douleur, de ne jamais ignorer le cri étouffé de celui qu’on a acculé, isolé, brisé.
– Qui est plus sincère, plus pur dans sa plainte que celui dont l’existence a été piétinée ?
– Qui, sinon l’opprimé, peut lancer vers Dieu un appel dénué de calcul, un appel où chaque larme devient prière, chaque soupir devient accusation ?
Et Dieu lui-même – quel que soit le nom qu’on lui donne – entend cet appel.
– Aucun voile ne s’interpose,
– Aucun intermédiaire,
– Aucune hiérarchie sociale,
– Aucune influence politique,
– Aucun pouvoir terrestre ne peut interférer entre la douleur du faible et la justice suprême.

C’est là le pouvoir redoutable de l’imprécation de l’opprimé : elle est une vérité nue, portée directement au tribunal du Ciel.
Or, ici, dans ce monde, c’est un tribunal humain qui juge ; ce sont des individus dans un grin qui préjugent…

Mais souvenons-nous : notre mission n’est-elle pas, autant que possible, de refléter cette justice pure, que n’entravent ni intérêt personnel ni préjugé social ? Sommes-nous dignes de condamner si nous refusons d’entendre l’imprécation de celui qui a souffert ?
Chers concitoyens : entendez, dans ce Mali d’aujourd’hui, la voix de l’opprimé. Non pas comme un murmure lointain, mais comme un cri qui nous interpelle à la racine même de notre humanité.
Car si Dieu n’ignore pas l’imprécation du faible, comment pourrions-nous, nous, simples hommes, l’ignorer sans faillir à notre devoir ?
Redoutez-la, non par peur superstitieuse, mais par respect lucide : car le sort réservé à l’opprimé dit toujours quelque chose du cœur de ceux qui jugent.
Cet opprimé :
– c’est le paysan malien qui n’arrive plus à cultiver,
– c’est ce salarié qui peine à acheter le sac de riz (50Kg) à plus de 25 000F,
– C’est ce soudeur qui a perdu son autorité familiale faute d’électricité,
– C’est ce présumé accusé qui attend incessamment son jugement…

Je vous remercie.

Kassim Diabaté

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *