A Nampasso, la coupe anarchique des arbres a provoqué d’énormes dégâts sur la forêt. Une situation qui semble aujourd’hui mieux maîtrisée grâce à une initiative locale.
Nampasso est un village de la commune de Korodougou situé dans le cercle de Yangasso et dans l’actuelle région de San à environ 120 kilomètres de la ville de Ségou. La localité a connu de réelles difficultés liées à la déforestation, la coupe abusive des arbres dont la vente était l’une des activités les plus lucratives.
Si la vente de bois constitue une source de revenus importante, notamment pour les femmes, elle n’est pas sans conséquences sur l’environnement. En effet, selon plusieurs habitants, la coupe anarchique des arbres a fortement dégradé la forêt à Nampasso.
« Nous avons constaté que les habitants abattaient régulièrement et anarchiquement les arbres. Certains les vendaient, d’autres les conservaient. Plus tard, nous nous sommes aperçus que les arbres devenaient de plus en plus rares », témoigne Oumar Coulibaly, chef du village de Nampasso. Il ajoute : « La coupe des arbres a eu de graves répercussions. Elle a favorisé l’avancée de l’eau dans les habitations et les champs pendant l’hivernage, une situation qui ne se produisait pas auparavant quand la végétation était abondante. »
Une riposte locale organisée
Face à cette menace croissante et aux effets du changement climatique, le village , avec l’appui de l’ONG G-FORCE et de la mairie de la commune de Korodougou, a créé en 2024 une organisation appelée cadre de concertation. Cette structure regroupe différentes couches sociales et acteurs locaux avec pour objectif: mettre fin à la coupe abusive des arbres par le dialogue, la sensibilisation et la formation des populations.
Des mesures coercitives ont également été adoptées. « Toute personne surprise en train d’abattre un arbre de manière anarchique s’expose à une amende de 50 000 FCFA », précise le chef de village Oumar Coulibaly. Cette décision a rencontré une large adhésion auprès des habitants, selon le chef de village de Nampasso .
Des résultats encourageants
Les efforts du cadre de concertation portent déjà leurs fruits. Cette année, la végétation a significativement repoussé, à la satisfaction générale. « Grâce aux initiatives du cadre de concertation, notre forêt a reverdi. Nous en sommes très heureux », témoigne Mamou Touré, une personne âgée de Nampasso.
Même son de cloche pour Tahirou Coulibaly, un autre habitant du village : « Le cadre de concertation a énormément contribué à l’amélioration de notre environnement. Notre brousse renaît grâce à ses actions. »
Des défis à relever
Comme toute organisation, le cadre de concertation du village de Nampasso fait face à certaines difficultés. D’après son président, également chef du village, des incompréhensions persistent parfois entre les agents des eaux et forêts et les membres du cadre, notamment sur l’autorisation ou non de couper certaines plantes. En outre, le manque de ressources financières limite la capacité de l’organisation à assurer une surveillance permanente de la brousse et à faire appliquer strictement les mesures décidées.
Boubacar Kanouté

