En marge du Festival Lassal Terey, une conférence dans l’enceinte du Centre Ahmed Baba à Sankoré pour évoquer la place et l’apport potentiel de la culture, surtout les manuscrits qui retracent les expériences et les expertises de grands hommes, lointains et contemporains, afin qu’elles servent de boussole et de remède aux crises que connaissent les communautés.
Cette, immersion historique culturelle, sur initiative du Président de la délégation spéciale du conseil régional de Tombouctou, Issiaka Nazim, a été assurée par le Dr Hammou Mahamane Dédéou, chercheur et Abdramane Touré en présence du Gouverneur Bakoun Kante et des ministres Ismaël Wague et Oumou Sall Seck.
La « RECUPADE » renaissance culture pour la paix et le développement est une initiative qui vise à créer les moyens d’une entente entre tous les fils du pays. Cette région du Mali est devenue une ville martyre qui porte les stigmates de la violence armée, déclenchée par des groupes obscurantistes.
L’histoire nous apprend que la région de Tombouctou connait un enclavement qui ne lui offre pas plus de chance que les autres. Il s’agira de restaurer les valeurs du passé, sur lesquelles la ville de Tombouctou reposait. La culture était l’essence de la ville, avec des retombées sur le plan touristique et artistique. Aujourd’hui, c’est le défi que s’est lancé, le Président de la délégation spéciale du conseil régional de Tombouctou. Pour Issiaka Nazim qui s’active à fédérer les cœurs et les esprits, il faut que les gens se transcendent. Sans la paix, il est quasiment impossible d’aller au développement. Il est impérieux que les maliens soient unis, facteur sine qua non pour relever les défis les plus complexes de l’heure.
La place des manuscrits dans la redynamisation et l’évaluation des difficultés transversales actuelles que connait la ville de Tombouctou et le pays tout entier.
Le Dr Hammou Mahamane Dedeou, chercheur dans le domaine des manuscrits de Tombouctou, a abordé des anecdotes de grandes figures (savants, érudits, voyageurs) qui ont mené et reussi des médiations dans des conflits fonciers, ethniques, religieux et diplomatiques.
Quant au Pr Abdramane Touré, il s’est livré à l’historicité culturelle de la ville, soutenue par des thèses d’universitaires. La fondation de la ville, les communautés et les dominations subies par la ville.
Et comme exemple pratique de la recette, les ministres et autres festivaliers ont assisté à la concrétisation d’une médiation initiée par la délégation spéciale du conseil régional de Tombouctou et qui a abouti à la signature d’un protocole d’accord entre des frères de la localité de Mekoré en conflit depuis 17 ans.
C’est un acte de grandeur, a souligné le Général Ismaël Wague, ministre de la réconciliation nationale, de la paix et de la cohésion sociale. << Il n’est pas facile de faire la paix, ça nécessite une décision intérieure et un courage énorme. Je suis content de cette paix des braves et j’invite les anciens belligérants, si on peut les appeler ainsi, à ne plus retomber dans ces conflits>> a lancé le Ministre.
Les acteurs, qui se sont fait des accolades après avoir signé le protocole, ont aussi demandé pardon à tout le monde, ils se sont ensuite pardonné avant de saluer la médiation du Président de la délégation spéciale du Conseil régional de Tombouctou, lssiaka Nazim.

C’est d’ailleurs en homme comblé que l’initiateur de la RECUPADE a accueilli l’esprit de pardon et de réconciliation des frères de Mekoré.<< Il y a eu deux frères se sont donnés la main, c’était un silence de mort dans la salle. C’est un conflit d’une quinzaine d’années. Ils se pardonné, ils l’ont fait au centre Ahmed Baba, dans la mémorable salle et je prie Dieu
pour que cette salle puisse garder en mémoire, ce souvenir>>
Les incompréhensions doivent être gérées en amont et les acteurs doivent éviter que les petits différends ne prennent des proportions dramatiques. La RECUPADE a mobilisé des invités de qualité et des pannelistes de haut niveau.

