Le 22 septembre 1960, Modibo Keïta levait haut le drapeau d’un Mali libre. Ce jour-là, il ne s’agissait pas simplement de rompre avec la colonisation, mais d’insuffler une vision: celle d’un pays digne, debout, maître de son destin.
L’indépendance du Mali fut un acte de foi. Foi en un peuple valeureux, en des institutions souveraines, en une justice sociale forte, en un avenir africain construit par les Africains.
Modibo Keïta, père fondateur et homme de rigueur, a gouverné avec une honnêteté inplacable. Il incarnait la sobriété, refusait le népotisme, croyait au travail, à la solidarité et à l’unité. Son indépendance n’était pas une vitrine, mais une réalité profonde. Il voulait bâtir un Mali juste, respecté, discipliné.
Mais aujourd’hui, 65 ans plus tard, où en sommes-nous ?
La réponse est douloureuse. Le pays est rongé par une légèreté politique inquiétante, une gestion approximative, une corruption abyssale, presque systémique, et surtout, une démotivation nationale.
Le peuple malien, pourtant courageux et résilient, semble glisser vers une résignation collective.
On commente plus qu’on n’agit.
On critique plus qu’on ne travaille.
On attend plus qu’on ne construit.
Pourtant, les grandes nations se relèvent toujours par l’effort, la discipline et l’exemplarité.
La dignité dont parlait Modibo Keïta n’était pas un mot creux. C’était un mode de vie, une exigence morale, une responsabilité envers soi-même et envers la nation.
Elle ne se mendie pas. Elle se mérite. Elle se construit.
Aujourd’hui, il est urgent de sortir de cette indépendance sans contenu, cette façade républicaine sans profondeur.
Il est temps de réhabiliter les valeurs fondatrices, la dignité par le mérite et la volonté, la grandeur par le travail et la discipline, la liberté par le courage et la justice, la paix par l’unité et le patriotisme. Ce 65e anniversaire ne doit pas être une simple commémoration nostalgique.
Il doit être un appel à la conscience, un sursaut collectif, un réveil des âmes, car un peuple qui trahit la dignité de ses pères finit toujours par se perdre.
Notre pays peut encore se relever, il en a les ressources, l’histoire, la mémoire et le courage.
Modibo Keïta nous a montré le chemin de l’honneur et de la dignité.
À nous d’en être les héritiers courageux.
Le Poing

